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Charte des Responsabilités Humaines
proposée par l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire
Six "thèses" à la base de la Charte
Préambule
Nature des responsabilités
Principes
Six "thèses" à la base de la Charte
Face à une situation radicalement nouvelle de l’humanité, un troisième pilier commun à toutes les sociétés et tous les milieux est nécessaire en complément des deux piliers existants sur lesquels repose la vie internationale : La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Charte des Nations Unies.
Les mêmes principes éthiques peuvent s’appliquer au niveau personnel et au niveau collectif, à la fois guider les conduites individuelles et fonder le droit.
La notion de responsabilité, indissociable de toute interaction humaine, constitue un principe universel. Elle est la base éthique commune de la Charte des Responsabilités humaines.
Du fait de l’impact des activités humaines et de l’interdépendance entre les sociétés, une définition élargie de la responsabilité est nécessaire. Elle comporte trois dimensions : assumer les conséquences directes et indirectes de nos actes ; s’unir pour sortir de l’impuissance ; reconnaître que notre responsabilité est proportionnée au savoir et au pouvoir de chacun.
La Charte des Responsabilités humaines n’impose pas de préceptes ; elle propose des priorités et invite à des choix.
Chaque milieu social et professionnel est appelé à élaborer sur la base de la Charte des Responsabilités humaines, commune à tous, les règles de sa propre responsabilité. Ces règles fondent le contrat qui le lie avec le reste de la société.
Préambule
Jamais auparavant les êtres humains n’ont eu un impact aussi profond sur la vie sociale, politique, économique et culturelle les uns des autres. Jamais auparavant ils n’ont acquis autant de connaissances et de pouvoir pour modifier leur environnement naturel.
En dépit des possibilités immenses ouvertes par ces interrelations toujours plus nombreuses et de la puissance nouvelle qu’a acquise l’humanité, des crises sans précédent apparaissent dans de nombreux domaines.
La croissance des disparités économiques à l’intérieur des nations et entre elles, la concentration du pouvoir économique et politique dans un nombre de plus en plus restreint de mains, les menaces contre la diversité des cultures, ou encore la surexploitation des ressources naturelles, créent des troubles et des conflits dans le monde entier et font naître de grandes inquiétudes sur l’avenir de notre planète : nous nous trouvons à un carrefour de l’histoire humaine.
Or, les institutions sociales qui devraient permettre de faire face à ces défis fonctionnent de manière de moins en moins efficace. Le pouvoir envahissant des marchés internationaux affaiblit le rôle traditionnel des états. Les institutions scientifiques, poursuivant les intérêts étroits de leurs spécialités, se désengagent de plus en plus de l’analyse et de la prise en compte des problèmes globaux et de leurs interactions auxquels est confrontée l’humanité. Les institutions économiques internationales n’ont pas réussi à inverser le cours de la croissance des inégalités. La recherche du profit par les entreprises s’est souvent faite au détriment des intérêts sociaux et environnementaux. Les institutions religieuses n’ont pas suffisamment joué leur rôle dans les réponses à apporter aux nouveaux défis auxquels sont confrontées nos sociétés.
Dans ce contexte, c’est à chacun d’entre nous de prendre ses responsabilités sur le plan à la fois individuel et collectif.
La présente Charte définit la nature de ces responsabilités et la façon dont elles peuvent s’exercer. Elle constitue un nouveau pas vers la construction d’une gouvernance1 mondiale démocratique basée sur les responsabilités humaines et d’un cadre juridique dans lequel ces responsabilités s’exerceront.
Nature des responsabilités
L’interdépendance croissante entre les individus, entre les sociétés, et entre les êtres humains et la nature renforce les effets du comportement des individus et des groupes humains sur leur environnement social et naturel, qu’il soit proche ou lointain.
Cette situation ouvre à chacun d’entre nous des possibilités nouvelles pour jouer un rôle dans les nouveaux défis auxquels est confrontée l’humanité : tout être humain a la capacité d’assumer des responsabilités ; même lorsque des personnes se sentent impuissantes, elles gardent la possibilité de s’allier à d’autres pour créer une force collective.
Alors que tous les êtres humains peuvent également prétendre à leurs droits humains, leurs responsabilités sont proportionnelles aux possibilités dont ils disposent. Plus une personne dispose de liberté, d’accès à l’information, de connaissances, de richesse et de pouvoir, plus elle a la capacité d’exercer des responsabilités et l’obligation de répondre de ses actes.
Les responsabilités s’appliquent non seulement aux actions présentes et futures, mais aussi aux actions passées. Les dommages passés causés de manière collective doivent être assumés moralement par la collectivité concernée, et réparés concrètement autant que possible. Dans la mesure où nous ne connaissons que partiellement les conséquences de nos actes maintenant et dans le futur, notre responsabilité exige également d’agir avec une grande humilité, et de faire preuve de précaution.
Principes
Nous avons tous la responsabilité de faire vivre les Droits Humains dans nos modes de pensée et dans nos actions.
Pour faire face aux défis d’aujourd’hui et à venir, il est aussi important de s’unir dans l’action que de valoriser la diversité culturelle.
La dignité de chacun implique qu’il contribue à la liberté et la dignité des autres.
- Une paix durable ne peut être établie sans une justice respectueuse de la dignité et des droits humains.
Pour assurer l’épanouissement de l’être humain on doit répondre à ses aspirations immatérielles aussi bien qu’à ses besoins matériels.
L’exercice du pouvoir n’est légitime que lorsqu’il est mis au service du bien commun et qu’il est contrôlé par ceux sur qui ce pouvoir s’exerce.
La consommation des ressources naturelles pour répondre aux besoins humains doit s’intégrer dans une démarche plus large de protection active et de gestion prudente de l’environnement.
La recherche de la prospérité ne peut être dissociée du partage équitable des richesses.
La liberté de la recherche scientifique implique d’en accepter la limitation par des critères éthiques.
Les connaissances et les savoir-faire ne prennent tout leur sens que par leur partage et leur usage au service de la solidarité, la justice et la culture de la paix.
Dans les décisions concernant les priorités du court terme il faut prendre la précaution d’évaluer les conséquences à long terme avec leurs risques et incertitudes.
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